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Quatrième livre:

Journal d'Hirondelle de Amélie Nothomb
Catégorie: Littérature Française XXIème siécle
Date de publication : 23/8/2006http://skyblog.com/pics/pix.gif
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Editeur : Albin Michel
Prix du livre : 14.5 Euros

Résumé du livre:

Le héros n'a pas de nom. Ou plutôt pas d'identité fixe. Il change de nom et de vie comme on change de chemise. Coursier à Paris, il se fait passer pour un certain Urbain, tueur à gages insensible qui retrouve le plaisir des sens et du sexe par le meurtre. Puis il devient Innocent... Mais on ne change pas de vie si facilement. Le passé n'a jamais dit son dernier mot. Surtout lorsqu'il a le visage d'une adolescente fraîchement assassinée et dont le seul testament est un étrange journal intime. Comment ressusciter les sensations après s'être coupé des sentiments ?

Quelques critiques:

Septembre. Erudite, Amélie rend sa copie ! Et quelle copie : drôle et insolente, froide et percutante, tendre et piquante. Burlesque parfois. Sous fond d'histoire de tueurs à gage - mais aussi d'amour, Amélie livre pour son quinzième roman un 'Journal d'hirondelle' aussi cruel que loufoque. Inattendu, après ses précédents romans, qui accusaient l'élève si ce n'est de se reposer sur ses lauriers, d'user sans trop d'efforts de ses facilités. Sur ses pages, on retrouve une Amélie Nothomb raffinée et troublante qui porte, cette fois, un regard vif et inquiet sur notre société.
Elle s'adonne au trash burlesque, au gore d'opérette. Les assassinats se succèdent, les cervelles explosent, implosent. Ca gicle et ça dégouline. Mais sous cette apparente mascarade morbide, il y a le vide de nos existences sous le regard glacé, lucide et sombre d'Amélie Nothomb. On pense à Selby Jr dans le traitement de l'obsession et du rapport au meurtre et au corps. On se souvient de 'L'Hygiène de l'assassin', de 'Peplum' pour les dialogues ciselés. Rarement les mots tombent aussi à pic, tout droit chus de l'imaginaire vorace et pétulant de son auteur. Amélie joue, évoque Rousseau, Aristote et... Radiohead. On rit, parfois amèrement mais on rit.
'Ce qui rend un texte sacré, c'est d'avoir été lu par le monde entier, comme la Bible, soit, au contraire, d'avoir été soigneusement dérobé à la lecture de quiconque. Il ne suffit pas à l'écrit de ne pas avoir été lu, ou trop de manuscrits mériteraient le nom de sacrés. Ce qui compte, c'est la profondeur du besoin qu'on a de cacher le texte' confie le narrateur. 'Journal d'hirondelle' a cela de sacré que la sagace Amélie nous fait croire - le temps d'une lecture - que nous entrons, à la dérobée, en terre inconnue. Bien vu.
Mélanie Carpentier

> Avis de Daylang

Percutant ! J'ai lu ce roman en 3 jours, et encore c'était pour ne pas le dévorer d'un coup ! Cette histoire est tout simplement déboussolante, pour ma part en tout cas elle est à mille lieux de 'Métaphysique des tubes', 'Antéchrista'. Elle pourrait rejoindre un peu le sadisme de 'Acide sulfurique' mais la trame est plus crue, plus cruelle ! Si je le conseille ? Comment ça vous ne l'avez pas encore acheté ? Dépêchez-vous !


> Avis de Colch

Un très bon livre, selon moi l'un des meilleurs d'Amélie Nothomb. Le caractère elliptique de l'histoire ouvre multiples possibilités et laisse beaucoup de liberté d'imagination au lecteur. A lire au plus vite..

# Posté le samedi 30 septembre 2006 17:28

Modifié le samedi 30 septembre 2006 17:55

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Cinquième livre:

Contours du jour qui vient de Léonora Miano
Catégorie littérature Francophone
Date de publication : 24/8/2006
Editeur : Plon
Prix du livre : 18 Euros

Résumé du livre:


Après la guerre qui a ravagé le pays, le Mboasu est exsangue. Incapables de prendre soin de leurs enfants, les parents les chassent, les accusant d'être la cause de leurs malheurs. C'est dans ce contexte que la petite Musango se retrouve à la rue. Enlevée puis vendue par des trafiquants, elle est séquestrée par des proxénètes qui dissimulent leur odieux trafic derrière les activités d'une secte religieuse. Dans ce pays en proie à une misère morale et matérielle sans précédent, les charlatans de tout acabit font en effet fortune. Pour retrouver sa mère, Musango s'enfuit et traverse une ville frappée de folie. Pendant son périple, elle s'adresse à sa mère. Leur histoire intime se confond avec celle d'une société inapte à envisager son futur. Musango représente tous ceux qui, comme elle, doivent se construire sans références. Retrouvera-t-elle cette mère, symbole d'une Afrique à la dérive ?

Une critique:


Léonora Miano est une véritable artiste, une grande écrivain qui nous dépeint en quelques lignes toute la force et la faiblesse de l'Afrique. Avec des mots, elle est capable de nous faire passer des couleurs, des odeurs, des ambiances, des sentiments, des paysages et des impressions. Tout comme le premier roman, ce livre est d'une intensité poignante, d'une intelligence rare, d'une beauté cruelle et d'une conduite étonnante. Léonora Miano a une écriture efficace et poétique en même temps. Elle maîtrise parfaitement son sujet et son personnage.
Sa petite Musango, âgée d'une dizaine d'années parle et pense
avec sensibilité et persuasion, avec raison et passion. Elle affronte les affres de l'Afrique avec ces excès et ces aberrations. Là-bas, les gens meurent en pleine rue sans que cela n'ameute les foules, les maris battent leur femme, les mères chassent leur fille, les clans se déchirent, les enfants mangent les sauterelles pour tromper la faim. 'Contours du jour qui vient' est un roman à lire absolument, Léonora Miano est un auteur à découvrir le plus vite possible pour découvrir de plus près tout un continent en détresse.
Eva Jankovic

# Posté le samedi 30 septembre 2006 17:32

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Sixième livre:



Les Bienveillantes de Jonathan Littell
CATEGORIE : LITTÉRATURE FRANÇAISE XXIÈ
Date de publication : 21/8/2006
Editeur : Gallimard
Prix du livre : 25 Euros

Résumé du livre:



'En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes collègues, d'écrire mes mémoires à fin de justification, car je n'ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j'ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j'ai sans doute forcé la limite, mais là je n'étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l'air, le manger, le boire et l'excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.'

Quelques critiques:

Avec 'Les Bienveillantes', Jonathan Littell nous offre le prototype du roman parfait, concurrent idéal aux prix littéraires. Le style, d'abord, est élégant, il impose un récit rythmé et accrocheur qui progresse avec une égale constance dans l'ouvrage. Le travail préparatoire ensuite, constitue une véritable mine de détails concernant aussi bien l'administration nazie que les réalités sociologiques de l'époque. De même encore, l'angle sous lequel le sujet est abordé ne peut que fédérer ; traitant l'un des drames les plus singuliers de l'Histoire, Littell le tire à lui, en mettant en scène l'incapacité existentielle des hommes à s'en défendre. L'habileté de l'écrivain réussit ainsi à transmuer ce sujet en un témoignage d'une universalité troublante. Alors, dans cette perfection, que penser d'un tel roman qui, à peine édité, fait déjà figure de 'classique' ?
Si l'on ne peut en effet n'être qu'admiratif devant cette capacité à dépeindre 'l'irresponsabilité' des personnages, si l'on ne peut que sentir ce souffle russe se déverser sur cette succession de personnages bruts, suivant les ordres de l'Autorité comme Sisyphe traîne son rocher, sa qualité révèle l'ambiguïté d'une telle entreprise.
Bien qu'intimement relié à un moment précis de l'histoire, le récit semble déjà s'en extraire et s'impose comme hors du temps, toujours d'actualité. Reste qu'une telle qualité devient presque frustrante et rares sont les moments où l'on sent l'auteur au bord de l'abîme, où l'on perçoit une véritable prise de risque sinon dans cette justification un peu lourde à laquelle se livre son héros dans les premières pages pour légitimer le récit de l'horreur, comme s'il découvrait, étonné, que l'indicible, l'inimaginable, peut s'écrire, peut s'étaler et se dire à nouveau.
Guillaume Benoit

Attention : ce roman est un chef-d'oeuvre dont vous ne sortirez pas indemnes. Voici les mémoires de Max, ancien officier SS, national-socialiste convaincu rescapé de la guerre, vivant de nos jours en France et nous engageant à ne pas juger, à ne pas abuser du manichéisme, car l'horreur et le crime ne sont pas l'apanage des armées allemandes. Et en effet, l'horreur, nous allons bien devoir la découvrir, en lisant ces pages, inspirées du procès de Nuremberg, où simples exécutants et tenants du pouvoir se relayent pour accomplir la grande oeuvre du Führer, sans forcément en avoir les convictions. Un roman brillant et lettré qui pulvérise les idées reçues, passionnant sur 900 pages, et où toute idée préconçue sur la guerre et ses acteurs est mise à mal. Et bien malgré vous vous surprendrez à vous attacher à un héros qui pourtant est un monstre, créé par la guerre et par une certaine idée de la Nation.
Anonyme

# Posté le samedi 30 septembre 2006 17:39

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Septième livre:

Ni toi ni moi de Camille Laurens
CATEGORIE : LITTÉRATURE FRANÇAISE XXIÈ
Date de publication : 31/8/2006
Editeur : P.O.L
Prix du livre : 19.9 Euros

Résumé du livre :

Un cinéaste, ayant entendu la narratrice lire à la radio un court récit intitulé 'L'homme de ma mort' lui demande si elle accepterait de développer pour lui cette histoire, qu'il voudrait adapter à l'écran. Après des hésitations dont elle s'explique, elle entreprend de lui raconter en détail cet épisode de sa vie. La narration est constituée presque uniquement d'une suite d'e-mails adressés au cinéaste, qui vit à l'étranger. Ces messages font alterner des récits au passé, des propositions de scènes cinématographiques dialoguées, des fragments réflexifs sur la difficulté ou l'incapacité d'aimer. Le sujet du film (et donc du roman) est en effet celui-ci : un homme, Arnaud, s'éprend passionnément d'une femme (la narratrice, baptisée Hélène), donne tous les signes d'un amour vrai, puis, presque aussitôt, se déprend d'elle et manifeste indifférence, haine ou mépris. Tous les signes s'inversent sans motif apparent.
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# Posté le samedi 30 septembre 2006 17:43

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Huitième livre:

Le bois des amoureux de Gilles Lapouge
Catégorie: LITTÉRATURE FRANÇAISE XXIÈ
Date de publication : 24/8/2006
Editeur : Albin Michel
Prix du livre : 20 Euros

Résumé du livre:

'Mes précédents romans étaient exotiques. Ils ne se contentaient pas de m'emmener en des pays lointains. Ils me changeaient d'époque également - l'Islande du XVIIIe siècle, le Brésil du XVIIe, l'Autriche de Napoléon... Avec celui-ci, je me rapatrie doublement - dans mon temps et dans mon pays, puisque l'histoire se développe dans les Basses-Alpes, et à notre époque, entre les deux guerres. Pourquoi ? J'obéis à des envies et je ne vois guère de différence entre le lointain et le proche. Ou plutôt, le proche me semble très lointain.' Gilles Lapouge

Une critique:

Le roman dépeint la vie d'un petit village du sud de la France autour d'une rencontre entre un vieux professeur et un soldat. Cette fresque rurale encadrée par les deux guerres relate avec une poésie drôle et empreinte de nostalgie les histoires de familles, les us et coutumes provinciales. Dans un langage populaire plein d'images bucoliques et de sagesse prosaïque, chacun affirme sa personnalité, imperceptiblement. Les sensibilités, les amours et les désillusions se dessinent discrètement, dans le contexte fragile de l'entre-deux-guerres. L'auteur nous plonge dans ce microcosme régi par ses rumeurs. Il donne une coloration particulière aux habitudes et aux commérages qui évoluent avec le temps, les bouleversements sociaux. Le soldat incarne cette rupture. Ses paroles heurtées, ses pensées paradoxales figurent la vision métaphysique des consciences irradiées par la douleur et la mort. On perçoit ici l'expression surréaliste.
Le choc des cultures n'est pourtant pas si brutal qu'il n'y paraît. Le professeur, comme les enfants, le prêtre ou le paysan bourru retrouvent l'énergie vitale et l'instinct de survie qu'ils ont en eux. Au-delà des mots et des idées, l'essentiel est pressenti par ces âmes touchantes. Le passé sédentaire et traditionnel de la vieille France est confronté au nomadisme moderne du soldat épris de liberté. Cependant, la tristesse languissante des uns rejoint le désespoir irréversible de l'autre. Leurs dialogues catalysent un amour d'ordre universel, frustré. Dans ce récit sentimental, où la langue associe l'argot aux métaphores abruptes, on suit l'évolution de personnages attachants en train de s'observer. A l'instar de ces acteurs assistant au spectacle de la nature, de la vie et de ses révolutions, on est spectateur d'un tableau vivant et lointain.
Mathilde Saudubray
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# Posté le samedi 30 septembre 2006 17:45

Modifié le samedi 30 septembre 2006 17:58