L'amant en culottes courtes de Alain Fleischer
Catégorie : BIOGRAPHIE
Date de publication : 24/8/2006
Editeur : Seuil
Prix du livre : 22 Euros
Résumé du livre:
Dans ce roman autobiographique, Alain Fleischer revient sur une période cardinale de sa vie : le mois de juillet 1957 où, à l'âge de treize ans, il vit sa première aventure amoureuse et expérience sexuelle avec Barbara, une très belle jeune femme de vingt ans, qui est logée dans la même famille d'accueil que lui pour son stage linguistique. Cela se passe à Londres. Un quartier plutôt chic. Maison assez spacieuse, avec le deuxième étage qui est celui des filles. Le narrateur, lui, a sa chambre au rez-de-chaussée. Cela jouera un rôle... Le jeune garçon porte encore des culottes courtes, il collectionne des Dinky Toys et garde un vrai attachement à l'enfance, pris dans la tension entre deux âges, deux univers, deux corps. La découverte de la sexualité sous ses multiples formes est haletante et belle. C'est aussi le roman d'une ville, et le roman de l'apprentissage d'une langue étrangère à laquelle on finit par vouloir appartenir. C'est encore le roman d'une famille, juive et hongroise par le père, décimée dans les camps. Le livre se clôt d'ailleurs, aussitôt après l'idyllique séjour londonien, sur un voyage en Hongrie, là où résonne l'absence des morts.
Une critique:
Assommant, ce roman autobiographique relate avec minutie, longueurs et répétitions, le mois de juillet 1957 où l'auteur-narrateur alors âgé de 13 ans effectue un séjour linguistique à Londres.
Celui-ci tient tout d'abord à nous expliquer avec force justification pourquoi il tient tant à ses culottes courtes. L'explication se veut convaincante et il n'aura de cesse de le rappeler au lecteur étourdi, le titre du roman n'étant qu'un des multiples échos de chaque chapitre. Pour expliquer logiquement la deuxième partie de ce titre, s'en suit d'interminables descriptions techniques, pointillistes, analytiques, mais aussi psychanalytiques des premiers émois sexuels du jeune garçon. De fait, le roman se trouve réduit à ce titre aux apparences contradictoires et à la lourde explicitation détrompant le lecteur de cet a priori.
Si les assauts sexuels de cet amant en culottes courtes (donc ! ), sont autant d'exploits pour l'adolescent, le lecteur subit, quant à lui, les assauts de l'écriture. Celle-ci se veut exhaustive, précise et minutieuse cependant les nombreuses digressions et redites se révèlent fastidieuses et sans réel intérêt. L'auteur tient tellement à ne rien oublier qu'il en est lassant.
'L'amant en culottes courtes' n'est finalement qu'une bien pâle synthèse des oeuvres de Sade et des 'Confessions' de Jean Jacques Rousseau, que l'auteur tient en référence.
Stéphanie Sinno



