Huitième livre:
Le bois des amoureux de Gilles Lapouge
Catégorie: LITTÉRATURE FRANÇAISE XXIÈ
Date de publication : 24/8/2006
Editeur : Albin Michel
Prix du livre : 20 Euros
Résumé du livre:
'Mes précédents romans étaient exotiques. Ils ne se contentaient pas de m'emmener en des pays lointains. Ils me changeaient d'époque également - l'Islande du XVIIIe siècle, le Brésil du XVIIe, l'Autriche de Napoléon... Avec celui-ci, je me rapatrie doublement - dans mon temps et dans mon pays, puisque l'histoire se développe dans les Basses-Alpes, et à notre époque, entre les deux guerres. Pourquoi ? J'obéis à des envies et je ne vois guère de différence entre le lointain et le proche. Ou plutôt, le proche me semble très lointain.' Gilles Lapouge
Une critique:
Le roman dépeint la vie d'un petit village du sud de la France autour d'une rencontre entre un vieux professeur et un soldat. Cette fresque rurale encadrée par les deux guerres relate avec une poésie drôle et empreinte de nostalgie les histoires de familles, les us et coutumes provinciales. Dans un langage populaire plein d'images bucoliques et de sagesse prosaïque, chacun affirme sa personnalité, imperceptiblement. Les sensibilités, les amours et les désillusions se dessinent discrètement, dans le contexte fragile de l'entre-deux-guerres. L'auteur nous plonge dans ce microcosme régi par ses rumeurs. Il donne une coloration particulière aux habitudes et aux commérages qui évoluent avec le temps, les bouleversements sociaux. Le soldat incarne cette rupture. Ses paroles heurtées, ses pensées paradoxales figurent la vision métaphysique des consciences irradiées par la douleur et la mort. On perçoit ici l'expression surréaliste.
Le choc des cultures n'est pourtant pas si brutal qu'il n'y paraît. Le professeur, comme les enfants, le prêtre ou le paysan bourru retrouvent l'énergie vitale et l'instinct de survie qu'ils ont en eux. Au-delà des mots et des idées, l'essentiel est pressenti par ces âmes touchantes. Le passé sédentaire et traditionnel de la vieille France est confronté au nomadisme moderne du soldat épris de liberté. Cependant, la tristesse languissante des uns rejoint le désespoir irréversible de l'autre. Leurs dialogues catalysent un amour d'ordre universel, frustré. Dans ce récit sentimental, où la langue associe l'argot aux métaphores abruptes, on suit l'évolution de personnages attachants en train de s'observer. A l'instar de ces acteurs assistant au spectacle de la nature, de la vie et de ses révolutions, on est spectateur d'un tableau vivant et lointain.
Mathilde Saudubray
Le bois des amoureux de Gilles Lapouge
Catégorie: LITTÉRATURE FRANÇAISE XXIÈ
Date de publication : 24/8/2006
Editeur : Albin Michel
Prix du livre : 20 Euros
Résumé du livre:
'Mes précédents romans étaient exotiques. Ils ne se contentaient pas de m'emmener en des pays lointains. Ils me changeaient d'époque également - l'Islande du XVIIIe siècle, le Brésil du XVIIe, l'Autriche de Napoléon... Avec celui-ci, je me rapatrie doublement - dans mon temps et dans mon pays, puisque l'histoire se développe dans les Basses-Alpes, et à notre époque, entre les deux guerres. Pourquoi ? J'obéis à des envies et je ne vois guère de différence entre le lointain et le proche. Ou plutôt, le proche me semble très lointain.' Gilles Lapouge
Une critique:
Le roman dépeint la vie d'un petit village du sud de la France autour d'une rencontre entre un vieux professeur et un soldat. Cette fresque rurale encadrée par les deux guerres relate avec une poésie drôle et empreinte de nostalgie les histoires de familles, les us et coutumes provinciales. Dans un langage populaire plein d'images bucoliques et de sagesse prosaïque, chacun affirme sa personnalité, imperceptiblement. Les sensibilités, les amours et les désillusions se dessinent discrètement, dans le contexte fragile de l'entre-deux-guerres. L'auteur nous plonge dans ce microcosme régi par ses rumeurs. Il donne une coloration particulière aux habitudes et aux commérages qui évoluent avec le temps, les bouleversements sociaux. Le soldat incarne cette rupture. Ses paroles heurtées, ses pensées paradoxales figurent la vision métaphysique des consciences irradiées par la douleur et la mort. On perçoit ici l'expression surréaliste.
Le choc des cultures n'est pourtant pas si brutal qu'il n'y paraît. Le professeur, comme les enfants, le prêtre ou le paysan bourru retrouvent l'énergie vitale et l'instinct de survie qu'ils ont en eux. Au-delà des mots et des idées, l'essentiel est pressenti par ces âmes touchantes. Le passé sédentaire et traditionnel de la vieille France est confronté au nomadisme moderne du soldat épris de liberté. Cependant, la tristesse languissante des uns rejoint le désespoir irréversible de l'autre. Leurs dialogues catalysent un amour d'ordre universel, frustré. Dans ce récit sentimental, où la langue associe l'argot aux métaphores abruptes, on suit l'évolution de personnages attachants en train de s'observer. A l'instar de ces acteurs assistant au spectacle de la nature, de la vie et de ses révolutions, on est spectateur d'un tableau vivant et lointain.
Mathilde Saudubray
