Eh re-bonjour ! Alors comment allez-vous après ses vacances de Noël (bien méritées) ? J'espère que vous vous êtes bien amusés, que vous avez bien bu (maximum trois verres, après vous êtes en état d'ébriété et ça vous coûte six points sur le permis ! ) et que vous avez pris de bonnes résolutions ( sur ceux BONNE ANNEE 2007 ! ). Quant à moi, tout simplement , je suis dans une forme athlétique (quoique). Donc me revoilà pour vous raconter la suite et la fin (snif) des aventures de la 2°9 du Lycée Jules Ferry de Cannes.
Flash-back Début septembre, Mme Zaneboni nous annonce que notre classe a été sélectionnée pour participer au fameux Prix Goncourt des Lycéens qui, chaque année, récompense l'un des treize ouvrages choisis par l'Académie Goncourt. Pour que l'on puisse se concentrer sur nos lectures Mme Zaneboni a organisé un « séjour Gordolasque » au chalet que possède le lycée dans l'arrière-pays niçois. Puis le 03 octobre, sous les regards envieux des autres lycéens, nous embarquons direction le Théâtre de la Criée à Marseille pour rencontrer trois auteurs : Camille Laurens, Michel Schneider et Antoine Audouard. Entre-temps, nous avons rédigés des brèves, ainsi que des critiques et bien évidemment les fameuses fiches de lecture. A ce stade de l'aventure, quelques ouvrages portaient déjà une étiquette « coup de coeur » ou « à déchirer immédiatement » . Puis, après deux mois de lecture intensive, le 13 novembre, Contours du jour qui vient de Léonora Miano s'est vu attribuer le Prix Goncourt des Lycéens (cet ouvrage portait le label « plus qu'un livre, un chef d'oeuvre » ).
Donc après de trois mois de fous-rires, d'amusements, de « book-party », nous voilà partis pour Montpellier (pour les incultes ou les nuls en géographie qui ne savent pas où se trouve cette ville, suivez-mon conseil : prenez une encyclopédie et cherchez la à la lettre M ...).
Lundi 18 Janvier
13 h 00
Tout le monde dans le bus ! Après une photo de groupe (même s'il en manquait la moitié), nous montons dans le bus et nous quittons Cannes. A bord, nous voilà tous avec des écouteurs dans les oreilles et le volume au maximum jusqu'au moment où Mme Zaneboni explose de rage sur un élève (dont je ne citerai pas le nom) parce qu'il dit ne pas avoir lu l'ouvrage de la lauréate ! Je peux vous jurer qu'elle aurait réveillé un mort ! A part cet incident, et après une « pause-pipi » nous arrivons à St Jean de Vedas en début de soirée.
17 h 15
Nous nous installons dans les chambres. Puis vers 18h00, nous partons vers le restaurant universitaire de Montpellier. Nous avons été très surpris par les repas. En effet, chacun était enchanté par ce qui nous était servi ; parce que, si vous saviez, les repas à la cantine du lycée .... Enfin, je ne veux pas vous donner mal au ventre.
20 h 30
Nous sommes de nouveau à l'hôtel pour (en principe) passer une calme et reposante nuit. Je pense qu'il est inutile de vous raconter nos excursions nocturnes, donc, à demain !
Nicolas Caneva
C'est aujourd'hui le départ pour notre dernière expédition de l'année. Bien entendu, nous n'avons pas échappé à nos heures de cours de la matinée (sauf à celles de français, car nous serons avec notre professeur pendant 56 heures et 40 minutes). Notre départ s'effectue à 12 heures 45, certains ont pris un minimum de choses (à peine de quoi écrire) et d'autres ont leur énorme valise avec tout le nécessaire pour 4 mois de voyage au pôle nord. Ca y est, on est parti pour 6 heures de voyage, plutôt long, mais nous trouvons bien des moyens pour nous distraire dans la joie et la bonne humeur.
Nous arrivons enfin après ces longues heures de bus. L'hôtel n'est même pas ouvert, nous sommes les premiers. On s'installe tout doucement, les Palois arrivent une heure après nous, on regarde, observe, discute avec nos voisins de chambre qui sont plutôt sympas. Puis, quelques minutes plus tard, c'est au tour des élèves de Nice d'arriver. On ira manger dans un restau-U (restaurant universitaire) certains élèves se demandent : « S'il le faut, c'est encore moins bon qu'à la cantine ! » De toute façon, on verra bien, ce n'est pas la peine de réfléchir, tant que l'on mange, c'est l'essentiel. Mais finalement, c'était même plutôt bon, l'attente était un peu longue, les étudiants derrière nous ralaient : « Qu'est ce qu'ils viennent faire ici, les nains » Bref, on a bien rigolé. Mais que vois-je à ma montre ? Il est 22 heures, l'heure de dormir... Dormir, ça a été difficile car nos chers voisins Palois étaient un petit peu bruyants ; au lieu de rester chacun de notre côté, on est allé leur rendre visite, histoire de discuter dans les chambres, alors que nous entendions des cris dehors et des gens qui couraient sur les coursives.
Lucile Lino
Le cours de français de 8h à 10h a été annulé, Mme Zaneboni prend ses précautions pour les trois jours non-stop qu'elle va passer avec nous. Elle a peur de subir le même sort qu'à la Gordolasque...une nuit blanche !! Nous arrivons donc au lycée à 10h pour la récréation, chargés de nos valises. Ces dernières pouvaient s'avérer de tailles bien différentes allant du minuscule sac contenant le strict minimum jusqu'à l'énorme valise remplie pour partir quinze jours !! Cette arrivée fut remarquée par les autres élèves et provoqua même la jalousie de certains (non pas la jalousie de partir en voyage mais la jalousie de ne pas avoir eu la chance de participer au Goncourt^^ !!). L'heure d'anglais et la demi-heure d'histoire qui suivit se déroulèrent dans l'excitation, l'enthousiasme de partir. Le repas lui aussi fut occupé par toutes les conversations. Vint ensuite l'heure de charger les valises dans le car, et de prendre la route pour Montpellier. Le trajet se déroula sans incident, dans le calme. Chacun des élèves s'occupait à sa façon, plusieurs activités étaient possibles : jeu de cartes, atelier papote, atelier musical ou bien l'atelier cinématographique (celui ayant peu de succès...à se demander pourquoi^^). L'arrivée, une heure plus tôt que prévue, dans notre hôtel aux abords de Montpellier fut appréciée par tout le monde. Après une petite attente devant l'hôtel (il n'ouvrait qu'à cinq heures et il était cinq heures moins deux !), nous nous sommes installés dans nos chambres et avons découvert celles des autres (bien qu'elles soient identiques !) et pendant près d'une heure des allers et venues se sont faits sur les cursives. Deux autres classes arrivèrent celles de Pau et celle de Nice, beaucoup de regards furent échangés.
A ce moment, j'ai eu une pensée étrange, je me suis dit que tous ces élèves avaient lu les mêmes livres que moi et avaient vécu la même aventure que notre classe. C'est une pensée banale mais étrange, c'est qu'au bout de deux mois que je me rends compte qu'on n'était pas les seuls à participer au Goncourt des lycéens ; je le savais avant mais le fait de voir ces autres élèves le concrétisa.
Les deux autres classes installées, nous sommes partis manger. Trois bus pour transporter ce petit monde se suivirent jusqu'à un restaurant universitaire dans le centre de Montpellier. Un débarquement de « nains » pour les étudiants !! De retour à l'hôtel, personne n'avait envie d'aller se coucher, l'hôtel devint une sorte d'essaim géant !! Deux professeurs se transformèrent en « abeilles policières » et essayaient de faire régner le calme. Il faut dire que l'hôtel d'en face s'était plaint.
Charlène Wyatt
9 h 45
Après un bon petit-déjeuner, nous partons vers le CRDP de Montpellier où, ce matin, deux élèves volontaires de chaque classe devront en petit groupe préparer une série de questions pour Léonara Miano, que l'on rencontrera en début d'après-midi. Audrey et moi avons décider d'y participer. Beaucoup de questions étaient dirigées vers le message que voulait transmettre la lauréate ; est-ce un message d'espoir pour l'Afrique ou plutôt pour faire réagir les pays développés ? Ou encore, est-ce que ce second roman est dans la continuité du précédent ? D'autres interrogations étaient orientées vers l'auteur, elle-même : l'écriture, est-ce un besoin ? ; l'action du prochain roman se passera-t-elle en Afrique ?. Cet après-midi, lors de la rencontre, nous serons sur la scène, aux côtés de la lauréate.
14 h 00
Dans peu de temps, la rencontre allait commencer mais je dois vous avouer qu'Audrey et moi avions un peu le trac de monter sur scène. Un peu comme les stars lorsqu'elles vont se produire devant des millions de spectateurs, il y a toujours la fameuse poussée d'adrénaline, et bien c'était presque pareil (parce que nous ne sommes pas encore des stars ! ).
14 h 15
Sous une nuée d'applaudissements (pas pour nous), enfin, Léonora Miano entre en scène. Pour rappeler les souvenirs (à ceux qui les auraient perdus ! ), une camarade lut l'incipit du roman. Puis, à tour de rôle, chacun posa ses questions. Au début, nous étions tendus, mais petit à petit, la confiance prit le dessus. Pendant près d'une heure, chacun l'interrogea ; les questions étaient plus ou moins intéressantes et on pouvait remarquer que Léonora Miano y répondait avec une extrême facilité.
15 h 45
La rencontre avec la lauréate s'est terminée et maintenant nous allons rencontrer un éditeur. Cette
fois-ci, nous étions dans une salle un peu plus petite. J'ai bien aimé cet atelier car l'éditeur nous donnait les moindres détails pour devenir éditeur, ou comment créer une maison d'édition. De plus, les questions n'étaient pas ennuyeuses, et la personne prenait plaisir à nous répondre.
17 h 00
Il est l'heure du quartier libre, Madame ! Pendant une heure, nous avons pu flâner aux alentours du CRDP. Attention, retour au bus à 18h00 pétantes ! !
20 h 00
Comme à son habitude, l'association Bruit de lire avait organisé une soirée festive. C'est donc après un bon repas que nous nous rendons à la salle Pilot. Jusqu'à 22 heures, nous avons pu danser, boire (du Coca- Cola), bref s'amuser. La soirée fut encore mieux lorsque Mme Zaneboni nous a rejoints sur la piste pour nous improviser un petit tango ! Olé !
22 h 30
Tout le monde au bercail. Nous rentrons à l'hôtel, mais, maintenant vous le savez, la nuit réserve ses surprises !
Nicolas Caneva
Le lendemain matin, Mme Zaneboni n'était pas satisfaite de nous : au petit déjeuner elle avait eu les échos du déroulement de la nuit ; de plus, nous n'avions pas respecté les horaires de départ et certains avaient oublié les questions à poser aux auteurs ainsi que des feuilles pour prendre des notes. Le trajet jusqu'au CRDP (où se déroulaient les rencontres) fut consacré à la remise en mémoire des questions préparées. Arrivés là bas, croissants, pains au chocolat, brioche, jus de fruits... attendaient d'être dévorés par les huit classes Goncourt présentes. Ensuite il y eut des séances d'harmonisation pour les élèves qui allaient être sur scène avec un auteur, elles consistaient à mettre en commun les questions des différentes classes et élaborer les questions qui allaient être posées. Pendant ce temps, les élèves assistaient à un petit film à propos du Goncourt. C'était un cocktail fait d'impressions de lecteurs, de lectures de passages...
De nouveau, les étudiants des universités de Montpellier sont surpris de voir débarquer des « petits » jeunes qui viennent déjeuner. Pendant le repas, les discussions sont tournées vers la rencontre de cet après midi avec la gagnante du Goncourt des lycéens Léonora Miano. Mais avant cela, les organisatrices des rencontres (membres de l'association « Bruit de lire ») nous avaient demandé de nous regrouper sur les marches du CRDP afin de prendre une photo pour l'académicien Michel Tournier qui souffle ses bougies le 19 décembre et qui n'avait pas pu être présent.
On applaudit, on crie, on hurle, on tape des pieds...c'est Léonora Miano qui arrive !! La première partie de la rencontre est une interview avec un critique littéraire et la deuxième est pour nous, lycéens. En répondant à nos questions, elle donne des précisions sur son roman mais surtout elle essaie de faire passer plusieurs messages. Léonora Miano est une Africaine qui parle français et anglais, mais elle préfère écrire en français ; pour elle écrire c'est maîtriser ses pulsions. Contours du jour qui vient est un roman, son héroïne Musango a été inventée, Léonora ne l'a jamais vue. L'auteur veut qu'on parle de son livre en parlant des sentiments d'un enfant rejeté, il veut qu'on retienne que le sort de l'Afrique, c'est le sort de l'humanité, on est tous unis. Enfin pour elle, un bon roman, c'est un bon « blues », cela doit raconter une histoire, cela doit avoir une sensibilité, des personnages touchants...
Après la rencontre, dans le hall, une longue file d'attente s'était formée : c'était Léonora Miano qui, comme toujours avec le sourire, dédicaçait ses livres. Mais cette séance ne dura qu'un quart d'heure, pas le temps de prolonger les discussions, car l'atelier « métier de l'édition » nous attendait. L'éditeur de la maison « Milan » nous décrit son métier :
-pour être éditeur : il faut être un bon lecteur, ce n'est pas obligatoire de passer par l'écriture avant de le devenir, il faut aimer son métier.
-quand on est éditeur : s'investir au maximum dans son métier afin de parvenir à lire le plus de manuscrits possibles et de choisir les meilleurs. Plus d'une centaine de manuscrits est envoyée dans la maison d'édition, il est bien évident que tous ne peuvent pas être lus : il faut choisir.
Cette journée de rencontres se termina par cet atelier, mais avant de reprendre notre bus pour aller manger, une heure de temps libre nous était accordée. C'est avec une grande joie que nous nous dirigeâmes, sans le savoir, vers la place de la Comédie qui était à cinq minutes à pied. Nous nous sommes baladés, nous avons contemplé les illuminations de Noël, et nous avons regardé les devantures des magasins... Ce fut ensuite malheureusement l'heure de partir pour aller dîner, et pendant le trajet jusqu'à notre restaurant universitaire, une longue série de plaintes commença : nous n'allions pas retourner à l'hôtel avant d'aller à la soirée prévue pour les huit classes Goncourt ! Les filles n'allaient pas pouvoir refaire leurs brushings, les garçons n'allaient pas pouvoir se remettre du gel et personne ne pourra se mettre sur son 31 !!
Donc après le dîner, nous sommes allés malgré tout à la soirée : la fanfare occitane nous attendait, elle ne fut pas reçue chaleureusement par tous les jeunes, certains auraient préféré un autre style de musique...Mais après dix minutes, toute la salle se leva et commença une chenille géante ! Et pendant près de deux heures tout le monde se déchaîna sur les rythmes endiablés de la fanfare et même certains professeurs^^
Epuisés, nous rentrions à l'hôtel et nous nous couchâmes tout de suite^^
De bon matin, nous avons vidé l'hôtel et sommes partis au CRDP pour rencontrer Michel Schneider, auteur de Marilyn, dernières séances.
Nous l'avions déjà vu lors des rencontres à Marseille. Il nous précisa des détails sur son oeuvre comme par exemple qu'elle est un roman et pas une biographie, les personnages sont vrais mais les sentiments sont ajoutés.
Ensuite au programme des rencontres, la rencontre avec le gagnant du prix Goncourt J.Littell mais ce dernier ne voulait pas y assister, c'est pourquoi un acteur a pris sa place et a essayé de répondre aux questions comme l'aurait fait Jonathan Littell. Il se décrit par trois points : le premier la taille de l'ouvrage, l'énorme travail qu'il produit, ensuite l'événement historique et enfin le fait qu'il soit francophone.
Comme toutes les années lors des rencontres du prix Goncourt des lycéens, l'académicienne Edmonde Charles-Roux était présente. Elle fut entendue et écoutée par tous les élèves. Les principales questions portaient sur le fonctionnement de l'Académie Goncourt ainsi que sur le jugement que les académiciens portent sur nous, élèves du prix Goncourt des lycéens (choix du prix...) Pour ma part, je fus impressionnée par cette dame qui est âgée, elle a une ouverture d'esprit et un discours formidables. C'est par cette rencontre que la matinée se termina, et nous sommes allés déjeuner dans un restaurant universitaire différent.
De retour, nous avons commencé par l'atelier « critique littéraire», Michel Crépu nous parla donc de son métier, des conditions pour être critique littéraire (aimer lire, ne pas se projeter un avis...) et un élève de notre classe posa une question en rapport avec un sujet de dissertation travaillé en classe : qu'est ce qu'un bon roman ? Il nous répondit qu'un bon roman, c'est quand on est pris par le livre, quand on éprouve du plaisir en lisant, que l'on est « coupé » du monde, mais cela dépend aussi du style et de la qualité de l'écriture.
Enfin les rencontres vont se terminer avec le jeune écrivain auteur de Supplément au roman national : Jean Eric Boulin. Il arrive tout le monde applaudit, les filles (charmées par ce jeune homme) hurlent. Il s'assoit un peu n'importe comment, une attitude que les écrivains n'ont pas souvent, et il transmet ce sentiment de décontraction à toute la salle. Mais le public est partagée : de pour et des contre son livre, un vif débat s'installe, l'auteur malgré tout garde son attitude et sourit ! Après vient l'heure des remerciements c'est l'organisatrice générale qui prend (difficilement) la parole. C'est ensuite que J.E Boulin s'installe dans le hall pour une séance d'autographes, ses plus grands fans prennent des photos en sa compagnie !!
C'est avec un sentiment nostalgique de ce séjour riche en émotions que nous avons pris la route du retour vers Cannes. Mais Mme Zaneboni nous avait préparé une bonne surprise : la diffusion du téléfilm Pierre et Jean pour ensuite préparer un travail en groupes, que du bonheur ! Et le dernier quart d'heure de voyage fut consacré à la chorale, il y a même des petites chansons qui ont été créées spécialement pour notre dévouée et extraordinaire professeur de français : Mme ZAZA !!!
charlène Wyatt